Ci-dessus : Montréal la nuit, sous un ciel sans étoiles (Paolostefano1412)

Nous entendons constamment parler de pollution. Nous essayons tous de faire des efforts pour consommer moins et plus intelligemment, sans oublier de recycler nos déchets. Mais depuis quelques années, on parle également de la pollution lumineuse. Quelle est donc cette nouvelle « pollution »?

Le saviez-vous? Les sources de lumière artificielle attirent les insectes, y compris les moustiques. Bref, la quantité de piqures augmente avec la quantité de lumière.Un terme plus doux et romantique pourrait être la « conservation du ciel étoilé », car l’un des effets visibles de la pollution lumineuse est de nous empêcher de voir les étoiles et autres astres. La meilleure façon de comprendre la pollution lumineuse est d’aller le même soir en ville et en campagne et de regarder le ciel, quand celui-ci est sans nuages. Comparez le nombre d’étoiles que vous avez pu apercevoir et la différence vous sautera aux yeux. Et cet écart peut être énorme.

Au centre-ville de Montréal ou de Toronto, il est quasiment impossible de voir une seule étoile, alors que dans des villages éloignés des grandes villes on peut distinguer la trainée blanche de la Voie lactée et des centaines d’étoiles. Quand je rencontre des enfants de Montréal, ils ont souvent de la difficulté à me croire quand je leur raconte qu’on peut facilement voir des centaines d’étoiles dans le ciel lorsqu’on est loin de l’éclairage urbain et industriel.

Du point de vue économique, car c’est souvent ce qui compte le plus, il y a de très bonnes raisons pour tenir compte de la pollution lumineuse. La principale pollution lumineuse provient d’éclairages mal dirigés et mal conçus, qui éclairent par en haut plutôt que vers le bas. Cette énergie dirigée vers le ciel ne sert à rien et coute cher en électricité et en matériel. Par exemple, dans certains cas, des lampes de 400 watts peuvent avantageusement être remplacées par des lampes de 80 watts.

Le saviez-vous? La pollution lumineuse contribue à la pollution atmosphérique, car souvent les lumières sont alimentées grâce à l’énergie générée à partir de combustibles fossiles.La pollution lumineuse est également un élément de danger pour la sécurité des piétons et des conducteurs automobiles. Souvent, les conducteurs sont éblouis par des éclairages excessifs et ils ont temporairement de la difficulté à voir clairement la route et les piétons qui pourraient passer devant eux. On pense notamment à certains restaurants ou concessionnaires automobiles qui éclairent leurs commerces de façon à ne pas les manquer!

De plus, la pollution lumineuse a un effet négatif sur la faune. Certains oiseaux migrateurs ont notamment perdu leur chemin à cause de l’éblouissement par des lumières excessives. On pense notamment à la tour du CN de Toronto qui a « détourné » des oiseaux dans le passé alors qu’elle était tout éclairée.

Certains psychologues parlent aussi de l’effet apaisant et positif du ciel étoilé sur le moral des gens. Et il est faux de croire que l’éclairage diminue la criminalité et les vols. Certaines études montrent que l’effet est nul.

À l’échelle mondiale comme à l’échelle locale, des gens prennent des mesures pour mieux contrôler la pollution lumineuse. Au Québec, par exemple, on a récemment créé la Réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic, grâce au travail acharné de passionnés et à l’appui des municipalités environnantes, dont la ville de Sherbrooke. À l’observatoire du Mont Cosmos, à Saint-Elzéar, le bénévole Roland Maltais poursuit un projet à plus petite échelle, mais qui sera tout aussi bénéfique pour la région environnante.

Les réserves de ciel étoilé situées au Canada sont reconnues soit par la Royal Astronomical Society of Canada, soit par l’International Dark Sky Association (IDSA). Cette dernière association, dont le siège social est situé à Tucson, en Arizona, a été fondée en 1988, œuvre pour la réduction de la pollution lumineuse partout dans le monde.

Le saviez-vous? À travers le Canada, on retrouve treize réserves de ciel étoilé, dont celui du Parc national du Mont-Mégantic, au Québec.Si vous êtes propriétaire d’une maison ou d’un édifice, il existe plusieurs solutions qui peuvent vous faire réaliser des économies en même temps que de mieux protéger le ciel nocturne. Des organismes comme l’IDSA et la Fédération des astronomes amateurs du Québec (FAAQ) sont de bonnes sources d’informations. De plus, le service à la clientèle de votre compagnie d’électricité offre probablement des programmes d’économie d’énergie en lien avec l’éclairage nocturne.

Grâce aux efforts des citoyens, des compagnies et des gouvernements, on commence à reconnaitre le problème de la pollution lumineuse et à réduire ses effets néfastes. On travaille ainsi à préserver une nuit la plus « naturelle » et plein d’étoiles possibles.

Références Pollution lumineuse : le grand gaspillage (Actu-Environnement.com) Qu’est-ce que la pollution lumineuse? (Agence spatiale canadienne) Qu’est-ce qu’une RICE (AstroLab du Parc national du Mont-Mégantic) Une réserve de ciel étoilé (Radio-Canada)

Eddy Szczerbinski

 


Comments are closed.

Comment