Conservatrice, Ressources naturelles et conception industrielle, Société des musées de sciences et technologies du Canada

PROFIL DE CARRIÈRE
1 April 2015

Anna Adamek

Conservatrice, Ressources naturelles et conception industrielle, Société des musées de sciences et technologies du Canada

À titre de conservatrice d’une société de musées nationaux, je bâtis une collection en sciences et en technologie qui illustre la transformation de la société canadienne. Mon travail consiste également à accroître les connaissances scientifiques et technologiques, ainsi qu’à inciter le public à découvrir comment la technologie a changé la société canadienne et comment la société canadienne a changé la technologie.

Renseignements généraux : Je suis née à Cracovie, en Pologne. J’ai obtenu un premier diplôme en littérature et en linguistique, qui avait donc beaucoup plus à voir avec la langue qu’avec la technologie. J’ai quitté la Pologne en 1989, lors de la chute du communisme, et je suis venue au Canada, où j’ai obtenu un diplôme en histoire de la technologie de l’Université d’Ottawa.

Quand j’étais aux études, j’aimais les domaines suivants :

Arts Langues étrangères Histoire Arts industriels Littérature et anglais Sciences Technologie Interprétation – à l’intention du public Communication

Décrivez votre travail.

Mon travail varie. Parfois, je fais de la recherche : je fais beaucoup de lecture sur les nouvelles technologies; j’essaie d’en comprendre le fonctionnement, l’influence des utilisateurs et ce qui a mené à leur conception. Parfois, je mets plutôt l’accent sur la collecte. Lorsque je recueille des artefacts technologiques, je vais sur le terrain, par exemple dans un campement au Nord de l’Alberta ou dans le sous sol de quelqu’un : j’examine ce qui s’y trouve. Je vais là où sont les artefacts. Je dois souvent aller sur place afin de voir si les artefacts à évaluer revêtent de l’importance pour l’histoire du Canada et de préparer un dossier justifiant leur acquisition pour la collection. Ensuite, j’organise leur transport jusqu’au musée.

Lorsque je prépare une exposition, je travaille au sein d’une équipe. Cette équipe choisit les objets et les messages à inclure dans l’exposition, et élabore les expériences interactives (les écrans d’ordinateur, les jeux éducatifs pour les enfants, etc.). Une fois la sélection des artefacts terminée et les éléments interactifs conçus, l’équipe les met à l’essai en recourant à des visiteurs. La dernière étape consiste à mettre l’exposition sur pied. Il s’agit d’un travail très concret et créatif.

Je fais aussi partie de plusieurs réseaux. Je reste en contact avec les membres de divers secteurs industriels parce que je dois comprendre leur travail. Par exemple, je peux m’adresser à une association de sociétés minières pour comprendre leur parcours et l’importance de l’exploitation minière au Canada. Je collabore avec des partenaires, associations, groupes et experts techniques de tous genres.

Quelle est l’incidence de votre travail sur la vie des gens?

C’est l’aspect éducatif de mon travail qui a une incidence sur les gens. L’éducation fait partie du mandat de la Société, qui s’efforce d’augmenter les connaissances scientifiques et technologiques au moyen de sa collection nationale. Nous cherchons d’abord à comprendre les liens entre la technologie et la société, puis nous faisons part de nos conclusions au public. De plus, nous devons souvent faire le choix de quelles technologies nous allons conserver pour les futures générations, puisqu‘il est impossible de tout garder. Il nous faut donc déterminer ce qui est important. Par exemple, je peux examiner plusieurs moteurs et déterminer que l’un d’eux, un moteur à vapeur, vaut certainement la peine d’être conservé. Je peux aussi décider de conserver des parties d’un système électrique, étant donné que l’électricité a totalement changé notre vie et que les artefacts qui en attestent sont essentiels à la collection.

Nous conservons de vieux objets de ce type pour que des chercheurs puissent venir les étudier et les comprendre. Mais nous essayons aussi de conserver des objets illustrant ce qui se passe aujourd’hui de manière à avoir une incidence sur la façon dont on considérera notre société dans l’avenir. Les artefacts que nous possédons maintenant feront encore partie de la collection dans un siècle, ce qui permettra alors aux chercheurs de les examiner et de découvrir leur inventeur, la société, etc. Notre responsabilité est énorme, et nous la prenons très au sérieux.

Quand j’étais aux études , je me serais décrite comme une personne qui :

Rassemblait les gens Voulait toujours être dehors Aimait aider les gens Aimait le travail manuel Aimait qu’on lui donne de la latitude pour pouvoir explorer ses propres idées Aimait la lecture Se sentait à l’aise en plein air Était très créative N’attachait pas vraiment d’importance aux notes Apprenait mieux par la pratique Aimait démonter les objets pour en découvrir le fonctionnement Aimait concevoir ou fabriquer des objets

Quels sont les aspects de votre carrière qui vous motivent?

Je crois qu’il est important de préserver notre passé technologique. La technologie change tellement la vie. Il suffit de penser à la façon dont l’électricité ou la technologie de l’information ont changé la société : elles ont modifié nos relations et le milieu dans lequel nous vivons. Sans lumière artificielle, un bureau serait très différent; nos heures de travail le seraient aussi.

J’estime que les technologies occupent une place tellement importante dans notre vie qu’il faut préserver les inventions et les innovations afin de comprendre leur interaction avec la société. Je crois que cette conviction motive mon travail.

Je désire faire connaître au public l’interaction entre la technologie et la société. Je souhaite favoriser une conversation à ce sujet dans la société. Je ne veux pas dire que j’espère éduquer les gens, parce d’autres comprennent beaucoup mieux l’éducation que moi. Cependant, je crois que nos musées ont pour rôle de susciter une conversation sur la technologie et la société.

Décrivez votre cheminement de carrière.

Je dis souvent que mon cheminement de carrière est atypique. Or, l’an dernier, des conservateurs de musées européens de sciences et technologies réunis à Manchester pour la tenue d’une table ronde à laquelle je participais ont tous commencé la discussion en disant la même chose. Mon cheminement est donc peut être tout à fait typique pour une conservatrice.

Quand je suis arrivée au Canada, je possédais un diplôme en littérature, ce qui n’est pas très utile dans un pays parlant une autre langue, croyez moi. J’ai obtenu un autre diplôme en bibliothéconomie. J’ai ensuite travaillé à la bibliothèque du Musée de l’aviation et de l’espace du Canada, puis à celle du Musée des sciences et de la technologie du Canada. J’ai alors découvert que le travail des conservateurs m’intéressait davantage. Je suis donc retournée à l’université, où j’ai obtenu une maîtrise en histoire des sciences et de la technologie. J’ai occupé le poste de conservatrice adjointe pendant huit ans, puis je suis devenue conservatrice.

Quelles activités aimez-vous faire en dehors du travail?

J’aime faire de la randonnée pédestre, de l’escalade, de la course à pied et du tourisme. Je voyage beaucoup. J’espère me rendre sur chaque continent. Jusqu’à maintenant, je suis allée en Europe et en Amérique du Nord. Il me reste donc quelques continents à visiter.

Quels conseils ou mots d’encouragement adresseriez vous aux personnes qui souhaitent entreprendre une carrière semblable à la vôtre?

Déterminez ce que vous voulez faire, puis foncez. N’attendez pas qu’un poste se présente à vous ou soit affiché. Parlez aux gens autour de vous. Assurez-vous que les personnes occupant l’emploi dont vous rêvez connaissent votre intérêt. Le réseautage est important. En ce qui concerne les postes dans les musées nationaux, j’ajouterais qu’il faut être bilingue.

PROFIL DE CARRIÈRE

Ce profil de carrière a été rédigé spécialement pour CurioCité. Il vous permettra de mieux comprendre en quoi consiste l'emploi de l'auteur.



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